jeudi 7 mai 2020

 Humeur !!!


Dois-je avoir honte de trouver cette période confortable ? 

Non !!!

Adulte diagnostiqué atypique (THPI  autrement appelé zèbre), hypersensible des cinq sens, je trouve ce calme et cette lenteur bienfaisants. 

Je crains la turpitude et la trépidation qui s'annoncent comme la folie et l'accélération du monde d'avant. 

Je n'ai pas la béatitude d'un soubresaut, d'une prise de conscience soudaine de mes contemporains se disant "on arrête tout pour réfléchir à ce que nous voulons". 

Vouloir savoir la valeur de nos vies devrait nous ramener à l'humilité de ce que nous sommes : un passage éphémère, un néant d'avant notre naissance qui finira par nous absorber de nouveau. 

Beaucoup se gaussaient d'une jeunesse revendicative d'un autre avenir pour la planète, d'une jeunesse  réalisant cette fuite en avant mortifère. 

De philosophes cacochymes en politicards pédophiles vieillissants aux idées vieillissantes, tous allaient de leur diatribe.

 Puis avec ce virus, la bêtise se fît effet secondaire.  

Et pourtant, maintenant tout revient en une sinistre réalité mortelle.

Infantilisation massive de la population,  lois imbéciles et police dévoyée sans scrupule. 

Panem et circenses comme pilier et puis le pain manquât pour ici et là mais pas les matraques pendant que d'autres engrangeaient bénéfices indécents. 

Les dames patronnesses  nous renvoyèrent, moyenâgeusement, à l'aumône.

Les épiciers d'aujourd'hui, translation temporelle du marché noir d'hier, gonflèrent leurs chiffres avec avidité.

Est-ce que cet état de fait, fait de l'état lui même, a amené une réflexion collective ? 

De quoi le futur sera-t-il ? 

Fuite en avant de la fourmilière pour des reines et rois d'opérette ou rassemblements par quartiers, villages, lieu-dit pour penser de nouvelles vies solidaires et plus sobres ? 

Remplacement d'une oligarchie par une autre "bien pensante pour notre bien à penser/panser"  ? 

Nul n'a de réponse à ce jour, mais n'oublions pas que s'il y eut des bourreaux pour nous laisser crever par faute de moyens, ils sont toujours vivaces près à tirer dans la foule pour garder leurs prébendes, leurs paradis fiscaux, leurs privilèges tirés à la sueur de nos fronts.  

Que ce calme fût décidément bien confortable avant la tempête qui, quelle que soit son sens, arrive.


Un peu comme si ce confort et cette peur si sourde annonçait ce cri primal.

lundi 10 février 2020

Quand la parole ne correspond pas aux actes ou les Diafoirus en quête d'un destin municipal.

Qu'il est intéressant de voir cette course effrénée à l'investiture suprême de timonier municipal.

Ici et là fleurissent listes et groupements, partout on vante le citoyen, on le caresse dans le sens du poil républicain, qu'il est beau ce "vulgus pecus" que l'on renverra dans son panier une fois l'élection passée.

A Saint-Nazaire, charmante ville au passé ouvrier, la dispute est là sur la place publique dans une guerre fratricide et factice dans laquelle le PS entend tout mettre en place pour conserver son bien, la mairie et aux diables les gueux, seul compte l'apparence, les programmes servant de paravent pudique sur un système qu'in-fine il faudra maintenir. Le château doit rester le château et que cela soit prince ou princesse, peu importe, les pauvres hères doivent en rester à la porte, chacun à sa place et les prébendes seront bien gardées.

Les oppositions, dans ce marécage, ne sont que masques grotesques ne cherchant là qu'une chose, le pouvoir pour récupérer le gâteau.

Il y a bien des différences, des nuances, mais à y regarder de plus près figure partout un mépris qui se refuse à se dire envers une grande partie de la population qu'il convient de maintenir docile, comme le faisaient en leur temps les dames patronnesses avec leurs pauvres. Nous ne sommes pas ici pour remettre en question la société que diable, l'ordre des choses, qu'il soit divin ou sociétal, est si naturel que seuls les élus savent montrer la voie à l'extase d'une hiérarchie bien ordonnée.

La majorité municipale présente trois listes dans la confusion la plus totale, se sert volontiers, en dehors des lois, en vigueur du matériel municipal avec publication sur papier glacé dans le dernier magazine de février 2020 alors que cela lui est interdit depuis octobre2019 (cf code électoral), laissant même ses oppositions, y compris les plus nauséeuses s'exprimer.

Une lente dérive

Si au départ la liste d'union de la gauche s'est attachée à faire un programme de gauche, au fil des ans une dérive autoritaire et droitière s'est faite jour. Musellement des associations, autoritarisme exacerbé, insultes des opposants, flou sur les décisions et les dépenses publiques avec la création de structures opaques, racialisation de la ville avec une politique HLM insidieusement raciste, refus de toute ouverture pour une véritable démocratie d'intervention citoyenne.

On pourrait encore parler des copinages malsains où les entreprises du BTP changent selon la direction municipale, des SCI dont on parle au PS dans les couloirs feutrés, des relations ambigües avec la presse qui se refuse à toute enquête et prend toujours fait et cause pour la main qui tient le manche du marteau. 

À cela il faut ajouter les silences complices des alliés d'opérette.

C’est le PCF qui accepte un budget qui prévoit le non remplacement d'une partie des agents partant en retraite et dans le même temps distribue des tracts pour fustiger la politique du gouvernement qui fait de même, tout cela pour quelques subsides, cela s'appelle vendre son âme. Comment être ensuite crédible. Les mêmes qui viennent au secours de la municipalité pour contrer "Label Gauche" (CM du 24 juin 2011 délibération 31) qui se refuse à voter pour une usine de peinture à Méan Penhoët au motif qu'il n'y aucune étude ou information sur l'innocuité des produits utilisés pour les populations environnantes. Ces mêmes se félicitent plusieurs années après de la création d'une commission d'études sur les dangers que présente cette usine. Quelle lâcheté !!! 

Les verts qui n'ont que la couleur mais dont l'écologie ne semble être juste la façade d'un ripolinage  capitaliste. Qu'ont-ils dit ou fait par rapport à la raffinerie de Donges ?  Les 7 tonnes de toluène déversées dans l'air par année ne semblent pas les émouvoir ni d'ailleurs pour ce qui est du dioxide de souffre ou de l'hydrogène sulfuré, comme le Chrome VI par Airbus, comme ils ne voyaient rien à redire sur les antennes 4G. Il a fallu, à l'époque, des collectifs citoyens pour limiter la casse. Quelle hypocrisie.

Tout ce beau monde qui se réclame démocrate a voté la censure et le vol de la parole de 18% de la population en conseil municipal le 23 septembre 2011 à l'encontre de Label Gauche..... Tous sont là aujourd'hui pour nous parler de manière hautaine de la démocratie et de la citoyenneté. L'hymen démocratique ne se reconstruit pas si facilement.....

Garder le château coûte que coûte.

Devant la grogne qui se fait jour, il faut sauver le soldat PS.

Encore une fois a été mis à contribution un service et du personnel municipal par Samzun. 
On crée une pseudo association et on utilise l'ADDRN pour alimenter une soi-disant réflexion citoyenne.
Il faut noter ici que cette opération ADDRN avait déjà bien marché en 2014 afin d'étouffer une alternative citoyenne, le PCF y avait d'ailleurs pris une part assez active. L'astuce avait concerné le responsable de l'ADDRN, il a eu un super poste ensuite ailleurs, afin qu'il monte un contre-feu. Il fût indemnisé pour ce faire dans le cadre d'une rupture conventionnelle de son contrat de travail, le bras droit de Samzun avait eu lui aussi le même traitement de faveur. Aux frais du contribuable, la campagne du PS fût un succès et l'opposition de gauche dévastée avec une aide bienvenue d'anciens PS et PSU aigris et d'un NPA et un PG opportunistes. Il ne fallait pas comme il ne faut toujours pas d'intervention active des citoyens dans ce qui les concerne au premier plan.

En 2020, devant la grogne réelle dans la ville, associations lassées, nombreux collectifs de quartier en colère, lassitude devant la surdité des élus et surtout leur suffisance et leur mépris, il a fallu trouver une solution évitant la perte de la mairie par le PS.

Comme en 2014, il a fallu trouver vite et très vite des solutions de rechange, investir tous azimuts.
Samzun a fait sa liste avec des PC (se revendiquant comme tels) des associatifs des écolos etc... Benize nous a fait du vent citoyen muselé par le PS, des anciens PS et le PCF (il y aura in fine une fusion avec les bobos écolos), bref la même qu'en 2014 pour éviter à tout prix une émancipation citoyenne. Comme la FI, bloquée par des anciens PS et PSU, n'avait jamais eu le courage d'investir les quartiers populaires, le jeu était facile et arriver à ses fins une certitude.

La tentative de la passe de trois avec Violaine Lucas qui revendiquait la tête de liste chez les écolos.
Cela ne sera que partie remise un accord étant déjà prévu pour une fusion des listes Benize et Hameau pour le second tour;

Citoyen et pas politicien on vous dit !!

Peut-on faire abstraction du contexte politique et social ?

Nous vivons une séquence inédite de l'histoire notamment liée aux conséquences de l'anthropocène.

Une jeunesse qui voit son avenir mortifère, une déliquescence sociale liée à un capitalisme qui veut sauver sa peau quel qu'en soit le prix pour les individus en criant "malheur aux vaincus", Macron, Trump et compagnie en étant le doigt d'honneur.

Ces frictions attisées avec toutes les tentatives de divisions des individus ayant pourtant des intérêts convergents n'a pas eu, à ce jour, les effets escomptés. 

Depuis les luttes contre la loi travail et l'émergence de "nuit debout", on a pu observer des changements dans la contestation sociale et politique, les gilets jaunes y ont apporté une nouvelle dimension distanciée des structures politiques et syndicales et surtout émancipatrice d'un langage et d'une visibilité qui n'avaient plus leurs places dans le débat public. Il s'agissait d'une réappropriation citoyenne. Balbutiante au début, cette contestation a su s'émanciper de ceux qui voulaient la récupérer comme s'affranchir des sectarismes divers qui ont tenté de la noyauter.

Nous voyons aussi dans la contestation de la loi retraite une dimension inédite surgir faisant fi des habituels défilés syndicaux et montrant une nouvelle dimension dans l'expression comme dans la revendication.

En effet, ici ou là c’est la désobéissance qui se fait jour, le refus de la soumission à une autorité illégitime avec la gestuelle de l'outil de travail déposé aux pieds d'illusoires hobereaux infatués du seul pouvoir de commandement qui ne vaut rien le jour de la rébellion.

Cette geste renvoie aussi au questionnement du travail, de son véritable apport à la société et de sa reconnaissance comme à l'absurdité de son organisation.

Toutes castes confondues c’est une véritable remise en question et quelles que soient les propositions de changement elles ne pourront pas venir de groupes essentiellement militants comme par le passé. On le voit, à petites touches, la rue veut prendre le pouvoir et le fait, inédit depuis des décennies, de chansons pour ces occasions ramène à la tradition révolutionnaire, la geste et la chanson comme piliers symboliques.

C'est aussi la raison d'une violence policière accrue, seul et dernier rempart avant la déliquescence programmée.

Les signes avant coureurs étaient pourtant bien là avec des records d'abstention aux élections. Un mépris ouvert, affiché revendiqué par les tenants des différents pouvoirs, y compris municipaux, ne laissant comme expression que les miettes au bas peuple et cela de gauche comme de droite, à Paris comme à Saint-Nazaire.

A force de prendre ses contemporains pour des cons, des incultes, des dangers, des menaces, à un moment ou un autre ils vous le rendent.

Que n’avons nous pas entendu qu'il fallait de la pédagogie pour expliquer que les "élus" ne faisaient que pour l'intérêt général et qu'eux connaissaient leur job car c’est un métier, sacerdotal faudrait-il ajouter.

Il est vrai que dès l'école c'est la soumission qui doit se faire jour pas la curiosité pour apprendre.

C'est dans ce contexte alors que fleurissent depuis quelques temps des expériences autogérées de maisons, de groupes d'échanges dans la droite ligne des tâtonnements des diverses ZAD dont la plus connue fût celle de Notre Dame des Landes, qu'interviennent les élections municipales.

Ils n'ont rien compris !!

Nos grands prétendants à la timonerie nazairienne ont tous vanté les mérites d'une nouvelle politique avec le citoyen au centre.

Encore que là faut pas déconner.

Aucun ne propose une véritable démocratie directe, aucun.

Tirage au sort pour des conseils de quartier, exsangues de paroles et de décisions, comme seule concession, des fois que l'on ne pourrait pas maîtriser.

Tous se disent à l'écoute et représentatifs de tous les nazairiens, si l'on regarde les secteurs géographiques et les origines des candidats toutes listes confondues, Saint-Nazaire est une ville qui n'a que des CSP moyen à CSP+ mais vraiment pas beaucoup de CSP- alors qu'il s'agit d'une des communes les plus pauvres du département.  La majeure partie des candidats habite des zones pavillonnaires ou en immeubles de copropriétés, peu sont en HLM.  Des quartiers entiers ne sont pas représentés, ainsi la moitié de la ville est rayée de la possibilité d'une investiture. On pourrait se dire que ce n’est pas grave dès lors que sera prévue une ouverture par le biais d'une véritable démocratie ouverte à tous. Aucune liste ne l'envisage et lorsqu’il est évoqué une maison du peuple autogérée cela sera pour le centre ville.

Les différents programmes abordent l'écologie mais aucun ne prend la mesure sociale de l'écologie, rien sur des organisations écologiques par quartiers, rien sur une vision différente en autogestion par régie municipale de l'énergie ou à la marge et non détaillée, le capitalisme vert a de beaux jours devant lui, rien sur les gabegies industrielles sur le bassin nazairien dans l'utilisation de l'eau, quand le transport est évoqué seule la gratuité est envisagée  sans y adjoindre une gestion écologique des transports en commun ni une appropriation collective de l'énergie nécessaire.

Tous disent on va continuer avec cette industrialisation imbécile en ayant en point de mire une économie qui assassine, quelques uns à la marge disent on a un savoir faire et on va l'orienter pour autre chose. Comment, alors qu'ils n'ont aucun pouvoir devant le capital sauf à créer des synergies et des solidarités ici et là pour construire autre chose différemment.

Le pire est à venir, pas un ne propose une vision différente de la ville, pas un ne propose une harmonisation des loyers HLM pour un véritable brassage de la population, la mixité dans les paroles mais pas dans les actes.  Plus cruel, à un élu actuel et candidat avec qui il est évoqué des maisons du peuple autogérées par quartier il est répondu "surtout pas, cela serait permettre aux salafistes de se regrouper", est-ce que le racisme de gauche est à visage humain ? Tout comme une liste  dite de gauche revendiquait en réunion la notion de "radicalisation" en parlant de "quartiers". (Nous supposons qu'il s'agissait "d"intégrisme catholique" en centre ville.....)

Tous les programmes sont infantilisants, il n'est que prendre le prisme de leurs visions du handicap, cela va de la promenade en vélo pousse pousse dédiés, aux revendications sur l'enseignement ou le sport. Pour aucune liste la culture n'est envisagée pour les handicapés entre autre, on reste dans l'infantilisation et le validisme.

Pour info :
Le capacitisme1 ou validisme est une forme de discrimination, de préjugé ou de traitement défavorable contre les personnes vivant un handicap (paraplégie, tétraplégie, amputation, malformation mais aussi dyspraxie, schizophrénie, autisme, etc). Le système de valeurs capacitiste, fortement influencé par le domaine de la médecine, place la personne capable, sans handicap, comme la norme sociale. Les personnes non conformes à cette norme doivent, ou tenter de s'y conformer, ou se trouver en une situation inférieure, moralement et matériellement, aux personnes valides.
Dans ce système de valeurs et de pouvoir, le handicap est ainsi perçu comme une erreur, un manque ou un échec et non comme une conséquence des événements de la vie ou de la diversité au sein de l'humanité2. La Convention relative aux droits des personnes handicapées définit l'absence d'accommodement raisonnable en faveur de personnes non valides comme une discrimination fondée sur le handicap3. (source wikipedia)

Pas une seule liste ne propose d'intégrer le réseau français des villes santé de l'OMS. Pour information le plan 2020-2030 est là http://www.villes-sante.com/wp-content/uploads/strategie-2020-2030.pdf

Par contre toutes fustigent le bas peuple en mentionnant les addictions (l'alcoolisme des pauvres aux accents fin XIXeme), pour ne pas froisser les industriels empoisonneurs.


Il est aussi symptomatique de voir que dans cette exclusion de fait et donc dans un entre-soi de bonnes compagnies certaines propositions de bon sens ne figurent pas quand d'autres saugrenues s'opposent entre elles sur le fond.

Ainsi toutes vont parler de la place du vélo mais aucune des déplacements piétons qui sont pourtant une galère continuelle dans la ville. Personne n'ose envisager une limitation drastique de la voiture afin d'inciter à l'utilisation des transports collectifs.

On vous vantera les prises électriques pour des véhicules électriques dont toutes les études montrent qu'ils sont sur leur durée de vie plus polluants qu'un diésel, mais pire on est prêt à financer ces prises pour les opérateurs privés de l'énergie alors que dans le même temps on constate les dérives des PPP (Partenariat public privé). Les deux étant la même face d'une même philosophie, le public paye et le privé s'engraisse.

Aucune liste ne propose de casser la charte associative liberticide que les associations sont contraintes de signer faute de quoi elles sont vouées aux gémonies.

Aucune liste n'évoque la montée des eaux qui sous 10 à 30 ans va lourdement impacter la place du commando, le skate park et Villès, et lorsque le problème est abordé, la réponse est : digues, urbanisation différente, mais personne n'évoque l'industrie et la nécessaire et urgente décroissance.

Aucune liste ne mentionne les dégâts à terme d'une extension futile du port de Nantes Saint-Nazaire, comme si il fallait rajouter encore quelques centimètres à la montée des eaux.

Toutes parlent de la sécurité mais aucune n'évoque l'angle sociétal ni l'organisation géographique de la ville comme coresponsable de cet état de fait et donc personne ne propose d'outils de remédiation faisant appel aux intelligences collectives. Pour toutes ces listes l'intelligence ne peut pas être collective, là est leur mépris, elle ne peut être que dans leurs mains.

Aucun ne propose un audit des années passées.

Aucun ne propose de clarifier réellement la situation des diverses agences obscures montées sous les différents mandats qui ont fait de l'utilisation des finances municipales un sac de nœuds bien opaque.

Personne ne propose un audit sur le réel coût, par entêtement, de l'entretien de la base sous marine.

Aucun ne propose un audit sur les différents appels d'offres à projet dont il est clair qu'il ne s'agissait pour beaucoup que de copinages voire dans certains cas de vols de projets pour quelques amis.

 Un langage et des mots vides, des pensées qui n'assument pas.

Enfin si l'on regarde le langage des uns et des autres quelle pauvreté d'esprit, quelle inculture crasse et quel mépris envers les électeurs.

Tous nous proposent du neuf et s'avilissent dans des discours pompeux issus du management de la startup politique néolibérale ....

Il n'y a plus de programmes mais des projets, c’est vrai un programme on doit s'y tenir, un projet ça peut subir tant et tant de modifications.

A un moment il faut faire en ayant le courage de ses propos.

Il est vain de vouloir croire faire du neuf en restant dépendant de pensées rattachées à un monde archaïque.

Écoutons les, lisons les et contemplons ce chant de ruine syntaxique.

Le dictionnaire nous dit à propos de la démocratie :  "Régime politique, système de gouvernement dans lequel le peuple exerce la souveraineté, le pouvoir.".  Alors pourquoi les uns et les autres invoquent-ils la démocratie participative. A moins d'en faire un pléonasme ou de reconnaitre implicitement que le peuple n'exerce pas le pouvoir. LA simple démocratie voudrait la participation permanente de tous. 

Il y a peu Samzun, dans un article de presse, vomissait la décroissance dans une vision archaïque sans se rendre compte que l’archaïsme est sa vision du monde. La modernité selon lui et la plupart des listes résidant dans la poursuite d'industries inutiles. L'esclavagisme moderne qu'ils osent appeler travail, sans en savoir la réelle signification dans l'apport à un réel épanouissement de tous,  étant le totem de leurs paroles creuses : "c'est bien pour l'emploi".  

A un moment où ici nous n'avons plus que deux saisons, la saison des pluies et la saison sèche, où la montée des eaux se fait menaçante, tous vantent le pire du capitalisme avec le fric pour le fric et le profit avant tout sans même se rendre compte de l'ineptie de leurs propos.

L'exemple frappant en étant les commandes de paquebots de croisières auprès des chantiers navals.
Posons la question globale du navire de croisière et de son périple de sa conception à ses premiers voyages.
Tout d'abord le financement, public comme il se doit par l'intermédiaire de l'état français et de sa banque dédiée, l'armateur remboursera sur les profits à venir. Au public les risques aux actionnaires privés les dividendes. Ensuite, pour une plus-value maximale, faire construire le bateau par une armée de sous traitants et de sous-traitants de sous-traitants employant moult travailleurs détachés non contrôlables ou si peu contrôlés, sans droits et corvéables à merci. Une fois cela fait, embaucher des petites mains exotiques sans droits du travail pour être la population laborieuse de la ville flottante et proposer des croisières dont le seul but sera de vendre spectacles kitchs, jeux d'argents, produits de luxe, alcools et cigarettes dans les eaux internationales, là où est le rêve de tout capitaliste qui se respecte "sans taxes" (duty free). Ces bateaux sont le fleurons d'un monde exécrable, celui responsable pour le profit à tout crin du déclin de l'espèce humaine, pour qui l’accaparement des richesses par une poignée d'individus est la seule finalité.

Comment peut-on être responsable lorsque l'on vante ce seul modèle ?

lundi 29 juillet 2019

Quand nuit debout Saint-Nazaire dérape !!!


Quelques précisions pour comprendre


Article de presse (source l'express) :

Par Alice Afanasenko, docteure en littérature, enseignante et chercheuse autiste, membre de l’Association Francophone de Femmes Autistes.
Que l’on soit militant de la cause écologiste, climatosceptique ou encore indifférent à tout cela, en vacances, au travail, sous la canicule ou non (mais il est difficile de lui échapper cette année), nul n’ignore plus aujourd’hui ni le nom ni le visage de Greta Thunberg. À elle aussi, il est difficile d’échapper tant le battage médiatique autour de sa personne est intense.
greta-thundberg

Greta ne dit rien que de connu, pourtant Greta dérange. Les réactions qu’elle suscite sont même de plus en plus violentes : son discours à l’Assemblée, mardi 23 juillet, a encore été l’occasion de déchaînements virulents. Le summum de la haine misogyne et handiphobe a été atteint mardi 23 juillet par Michel Onfray, auto-proclamé philosophe, à qui revient donc la palme du sordide tant sa plume trempe dans la boue de ses fantasmes libidinaux, poursuit le vieux sillon de la haine des femmes et témoigne du mépris des personnes autistes en général – avec, en prime, une touche de dédain généralisé pour la jeunesse (à lire ici mais on peut aussi fortement s’abstenir).
Selon le vieux philosophe qui, visiblement, ne supporte pas de recevoir de leçons d’un plus petit que lui, Greta, jeune fille autiste Asperger militante écolo, serait donc rien moins qu’un “cyborg” (je passe les allusions à son corps de poupée et les implicites sexuels qui s’y trouvent logés). Et finalement, son visage “qui ignore l’émotion – ni sourire ni rire, ni stupéfaction, ni peine ni joie”, à “l’enveloppe” “neutre”, sur “un corps sans chair”, ne fait rien moins qu’annoncer “l’avènement du posthumain”, “ce vers quoi l’Homme va”.
Monsieur Onfray, vous qui voulez laisser l’autisme de Greta “de côté”, sachez quand même que, loin de représenter le posthumain, son visage, comme le mien et comme celui de la plupart des autistes, ne fait que traduire la difficulté que nous avons d’exprimer physiquement nos émotions – ce qui ne veut pas dire que nous n’en avons pas, loin de là. Si les autistes représentaient le futur de l’humanité, comme vous le dites, permettez-moi de vous dire que vous, vous en seriez plutôt le passé, obscurantiste et borné.
Non, nous, autistes, ne sommes pas posthumains. Nous sommes, malheureusement pour nous, bien dans le présent, dans un présent difficile et auquel nous nous accrochons malgré nos spécificités sensorielles et neurologiques qui ne nous rendent pas la tâche facile. Malgré la stigmatisation dont nous sommes victimes. Malgré les préjugés qui pleuvent dès que nous tentons de nous exprimer. Et ce n’est pas parce que nous ne manifestons pas comme vous nos émotions, ce n’est pas parce que nous avons une rationalité et une affectivité différentes de la vôtre que nous ne sommes pas aptes à penser et à peser dans les débats contemporains. Oui, Greta est intelligente et, du haut de ses 16 ans, elle peut au moins vous enseigner l’humilité.
Monsieur Onfray, on peut apprendre de tout et de quiconque, même des enfants. Encore faut-il savoir interroger. Mais au lieu de chercher, il est parfois plus facile de cracher. Au lieu de tenter de comprendre, il est peut-être plus vendeur de crucifier. Hélas, loin de nous le temps des intellectuels français que le monde nous enviait et celui de la french theory qui rayonnait jusqu’en Amérique (et qui s’y lisait d’ailleurs davantage que chez nous – France, éternel pays des vieux conservateurs !)…
J’ai lu ailleurs que l’autisme de Greta la rendrait vulnérable à la manipulation ou encore qu’elle souffrirait de “troubles obsessionnels”. On va même jusqu’à critiquer l’éducation de ses parents (interview du docteur Laurent Alexandre pour Le Point, publié le 23 juillet 2019). C’est, encore une fois, méconnaître totalement ce qu’est l’autisme en général. Pourtant ces réflexions viennent, là, non d’un philosophe mais d’un médecin. Si Greta avait grandi en France, elle aurait été enfermée en hôpital psychiatrique et mise sous neuroleptiques dès ses premiers jours de grève et cela, non pas parce que l’autisme est une forme de psychose, mais parce que nous avons 50 ans de retard sur le reste du monde dans la prise en charge de ces troubles de la communication et des interactions sociales. Il faut encore le répéter, chaque jour, des dizaines de fois : l’autisme n’est pas une maladie, ce n’est pas non plus une déficience mentale (bien que parfois cela puisse être associé, comme cela peut être associé à un très haut potentiel intellectuel ou à une intelligence normale), ce n’est pas le futur de l’humanité non plus. C’est un trouble du neurodéveloppement qui entraîne des particularités perceptives, sensorielles, comportementales et de communication. Mais nous sommes humains et nous avons droit à la parole. Encore faut-il qu’on nous la donne. Greta a eu cette chance-là. Et son intérêt spécifique (et non le “trouble obsessionnel”) pour l’écologie n’invalide en rien la pertinence de ses propos, au contraire.

Mais la petite Greta Thunberg n’a pas seulement le tort d’être autiste, elle est en plus femme et adolescente – autant dire tout le contraire de ce qui fait notre paysage politico-intellectuello-médiatique actuel. Et cela est insupportable pour la plupart des hommes. Qu’elle ait tort ou raison, peu importe au fond. Là n’est pas, là n’est plus, il me semble, aujourd’hui la question. Car ce que le phénomène Greta révèle au fond, c’est l’éternel phallocentrisme de la pensée française que déploraient déjà les féministes des années 1970 (et Derrida avec elles), c’est la phallocratie de nos institutions politiques (allez voir les commentaires des députés qui ont boycotté son discours), une République des héritiers toujours vivace, héritiers qui refusent d’écouter toute pensée de la différence et qui affichent sans complexe leur mépris des plus faibles. Cynisme suprême, le CETA fut voté le jour même où Greta défendait l’écologie à l’Assemblée.


Manifeste du CLHEE


Collectif Lutte et Handicaps pour l’Égalité et l’Émancipation (CLHEE)

Qui sommes nous ?

Nous sommes un groupe de militants et d’activistes directement concernés par le handicap.
Nous faisons l’amer constat qu’en France aucun mouvement militant, activiste et autonome de défense des personnes handicapées n’a pu voir le jour et s’installer durablement dans le paysage des luttes d’émancipation.
Certains d’entre nous ont pris part au Collectif NON au report et se sont mobilisés contre la récente réforme du volet accessibilité de la loi de 2005.
A cette occasion, ils ont pu constater, d’une part, que de nouvelles formes d’activismes pouvaient prendre corps, entre autres via les réseaux sociaux, et servir le combat des personnes handicapées. D’autre part, qu’il était non seulement possible mais indispensable de s’organiser en dehors des associations gestionnaires qui ont depuis longtemps démontré le caractère inefficace voire préjudiciable de leurs actions.
Après l’expérience NON au report, il nous a semblé essentiel de poursuivre notre travail au-delà de la question de l’accessibilité et de nous inviter dans tous les débats qui nous concernent.
Nous ne prétendons pas représenter l’ensemble des personnes handicapées. Nous sommes bien placés pour savoir qu’elles ne constituent pas un bloc homogène de personnes partageant les mêmes positions et aspirations. Nous prétendons uniquement défendre les convictions qui sont les nôtres et les idées émancipatrices que nous souhaitons voir avancer.
Par conséquent, nous ne représentons que les personnes handicapées qui le souhaitent, qui se reconnaissent dans le présent manifeste, partagent nos analyses et notre envie de structurer une lutte pour la défense de nos intérêts et de nos droits.
Nous sommes, à l’origine de ce collectif, tous concernés par le handicap moteur. Néanmoins nous ne sommes pas sans savoir que nos réflexions et nos combats sont communs à d’autres types de handicap, visibles ou non, et que des convergences sont possibles entre personnes handicapées partageant les mêmes objectifs, tous handicaps confondus.
Nous sommes même convaincus qu’il est nécessaire de nous organiser davantage par communauté de pensée plutôt que par type de handicap, et sommes ouverts à toute initiative en ce sens.

Que voulons nous ?

Nous revendiquons :

1/ La lutte pour la désinstitutionnalisation

Nous entendons promouvoir la désinstitutionnalisation, ce qui signifie pour nous la fin du placement des personnes handicapées mineures ou majeures en structures, dites « spécialisées », spécifiquement conçues pour les accueillir.
Depuis des décennies, la France a favorisé le regroupement et la relégation des personnes handicapées dans des institutions qui sont devenues pour elles les principaux lieux de résidence, de scolarité, de travail, en un mot de vie et de « prise en charge » collective.
A l’heure actuelle, au mépris des textes et recommandations internationales relatives au handicap, la France continue de présenter l’institutionnalisation comme la réponse privilégiée aux besoins spécifiques réels ou supposés des personnes handicapées.
Or, l’institutionnalisation constitue une ségrégation sociale et spatiale inacceptable.
Elle rend impossible pour les personnes handicapées l’exercice plein et entier de leurs droits.
Elle porte notamment atteinte à la liberté des personnes handicapées, qui se retrouvent le plus souvent contraintes de vivre en institution faute d’alternative et dont la vie quotidienne se trouve ainsi régie et contrôlée par des professionnels du secteur médico-social.
Par son fonctionnement en vase clos et la faiblesse des contrôles extérieurs, l’institutionnalisation favorise également les situations d’abus, d’exploitation salariale, d’atteintes à la vie privée et de maltraitance des personnes handicapées.
Nous exigeons par conséquent la mise en œuvre d’une politique destinée à :
–      Mettre à la disposition des personnes handicapées et des parents d’enfants handicapés les services et soutiens de proximité (médicaux, financiers, psychosociaux, pédagogiques et éducatifs) de qualité et suffisants pour la vie autonome des adultes et celle des enfants au sein de leur famille.
–      Associer les personnes concernées à l’élaboration de ces nouvelles offres de services.
–      Mettre un terme à la construction de nouveaux établissements en s’abstenant de les autoriser ou de les financer.
–      Désinstitutionnaliser tous ceux qui se trouvent en institution, prévenir les éventuels nouveaux placements et la prolongation inutile des séjours en institution.
Contrairement à ce que soutiennent les pouvoirs publics français et les associations gestionnaires d’institutions spécialisées, les besoins d’accompagnement permanents et complexes de certaines personnes handicapées ne sont pas un obstacle à leur vie en dehors des institutions et ce, quel que soit le handicap.
Au nom du principe d’égalité et de non discrimination, il appartient aux pouvoirs publics de développer des alternatives permettant aux personnes handicapées de sortir des institutions et ainsi de jouir pleinement de leurs droits fondamentaux, dont celui de mener une vie autonome.

2/ La défense de la vie autonome

Nous revendiquons le droit de faire nos propres choix de vie, de définir nos propres besoins, de prendre nos propres décisions sans contrôle « professionnel » extérieur, c’est-à-dire de mener une vie autonome.
Cette liberté de choix exige des moyens humains, matériels et financiers. Elle implique notamment :
–      Des ressources financières suffisantes permettant aux personnes handicapées, notamment celles qui ne travaillent pas, de subvenir à leurs besoins, d’assumer leur choix de vie et de vivre dans des conditions dignes.
–      L’existence de systèmes d’aides humaines de qualité et personnalisés, à hauteur des besoins réels, pour les adultes comme pour les enfants handicapés qui en ont besoin.
–      Des offres de services, d’accompagnement et de compensation variées et ajustables permettant aux personnes concernées de pourvoir à leurs besoins de toute nature (matériels, médicaux, para-médicaux etc).
–      Une accessibilité généralisée des équipements et services publics et privés.

3/ La lutte contre le validisme, les discriminations et l’handiphobie

  • La lutte contre le validisme
Nous affirmons que le handicap est un fait, une donnée de l’existence avec laquelle les personnes concernées composent au quotidien, et qu’il n’appartient pas aux personnes dites valides de le connoter arbitrairement, positivement ou négativement.
Il est aussi une construction issue de processus sociaux et historiques qui ont conduit à disqualifier, stigmatiser et marginaliser les personnes handicapées.
Nous entendons donc dénoncer et combattre le validisme qui fait de la personne valide en bonne santé la norme universelle et l’idéal à atteindre.
Le validisme se caractérise par la conviction de la part des personnes valides que leur absence de handicap et/ou leur bonne santé leur confère une position plus enviable et même supérieure à celle des personnes handicapées.
Il associe automatiquement la bonne santé et/ou l’absence de handicap à des valeurs positives telles que la liberté, la chance, l’épanouissement, le bonheur, la perfection physique, la beauté.
Par opposition, il assimile systématiquement le handicap et/ou la maladie à une triste et misérable condition, marquée entre autre par la limitation et la dépendance, la malchance, la souffrance physique et morale, la difformité et la laideur.
Le validisme suppose que la plupart des personnes handicapées se consument dans la plainte, l’aigreur, la frustration ou le regret de ne pas être valides.
Il se traduit par des discours, actions ou pratiques paternalistes, condescendants et dénigrants à l’égard des personnes handicapées, qui les infériorisent, leur nient toute possibilité d’être satisfaites de leur existence et leur refusent le droit de prendre en main leur propre vie.
Il exige de surcroît que les personnes handicapées fassent preuve de docilité, de déférence et de reconnaissance à l’égard des personnes valides, en particulier lorsque ces dernières leur apportent une aide quelconque ou s’intéressent à leur sort.
Le validisme peut être le fait de personnes handicapées elles-mêmes qui, ayant intériorisé l’ensemble des préjugés qui les concernent, adhèrent à tous les présupposés validistes.
  • La lutte contre l’handiphobie
Nous entendons dénoncer et combattre l’expression publique ouverte et décomplexée du rejet ou du dégoût qu’inspire le handicap à certaines personnes valides et qui s’apparente à de « l’handiphobie ».
  • La lutte contre les discriminations et pour le respect de nos droits
Nous entendons dénoncer et combattre les discriminations systémiques liées au handicap et à la maladie dans tous les secteurs.
Nous entendons lutter pour le respect de nos droits, pour la liberté de circulation, l’accessibilité généralisée et l’égalité.
Nous demandons un égal accès :
–      à la liberté de choix de nos lieux et mode de vie
–      aux soins
–      à l’éducation et à la formation professionnelle
–      à l’emploi
–      au logement
–      aux sports, aux loisirs et à la culture
–      à l’information.

4/ La promotion de représentations justes de nous-mêmes

En tant que membres à part entière de la société, il est indispensable que nous soyons représentés partout, dans toutes ses sphères, y compris dans les médias.
Nous revendiquons cependant un traitement juste, nuancé et respectueux des personnes handicapées, qui évite tout sensationnalisme et qui rende compte de leur diversité, ainsi que celle de leurs idées et leurs actions.
Le discours médiatique consacré au handicap doit sortir du registre de l’émotion et être replacé dans son contexte économique, social et politique, ce à quoi notre collectif entend participer activement.
Ainsi, nous entendons dénoncer notamment avec la même force :
– Le discours misérabiliste qui consiste à nous présenter comme des êtres de souffrance, vivant dans la limitation, la plainte, la frustration et le regret, uniquement objets de soins, de préoccupation et d’attention pour nos proches et comme des charges pour la société.
– Toutes les formes d’ « Inspiration porn » qui nous objectivisent, nous essentialisent, et présentent certains d’entre nous, qui auraient prétendument « transcendé » leur condition, comme des héros, des êtres dotés de qualités exceptionnelles et des sources inépuisables d’inspiration pour les personnes valides.
L’un comme l’autre sont des représentations condescendantes et manichéennes de nous-mêmes que nous ne pouvons pas accepter.
Qu’elles suscitent la compassion ou l’admiration, elles reposent sur des fantasmes et n’ont pour objectif que de conforter les personnes valides dans leurs préjugés.
Elles occultent de surcroît sciemment les discriminations subies par les personnes handicapées, ainsi que les véritables causes de leurs difficultés, tout en déresponsabilisant les acteurs publics et privés qui en sont à l’origine.
Les personnes handicapées ne sont pas là pour rassurer les valides sur leur propre sort, leur servir de source d’inspiration, de faire-valoir ou de curseur de la souffrance.
Elles n’ont pas à démontrer continuellement leur capacité à mener une vie ordinaire ou à atteindre leurs objectifs.
Enfin, les personnes handicapées ne sont pas interchangeables. Elles sont diverses et variées dans leurs opinions et leurs personnalités.

5/ La défense d’une sexualité libre et non marchande, incompatible avec l’instauration d’une assistance sexuelle

Les personnes handicapées sont des êtres sexués et des partenaires potentiels à part entière au même titre que les autres, aux attentes et orientations sexuelles variées.
S’il est vrai que des limites physiques et/ou psychiques peuvent rendre difficile l’accès de certaines personnes handicapées à une vie affective et sexuelle, elles ne peuvent expliquer, à elles seules, les obstacles rencontrés dans ce domaine.
De multiples barrières sociales, telles que le manque d’accessibilité ou la vie en institution, mettent les personnes handicapées à l’écart de la cité et restreignent leurs libertés et possibilités de rencontres.
A ces préjugés propres au handicap s’ajoutent les stéréotypes d’ordre général sur la sexualité, la féminité, la virilité et la beauté. Véhiculés par les médias, la publicité, la pornographie, ils confortent l’idée que le sexe est indispensable à l’épanouissement, qu’il est lié au physique, à la santé et qu’il est une performance.
Dans un cadre aussi étriqué et normalisant, la sexualité des personnes handicapées ne peut trouver de place.
Comme principale réponse à ces difficultés, certaines personnes concernées demandent l’instauration d’un service d’assistance sexuelle.
Or, nous sommes fondamentalement opposés à la mise en place d’un tel système.
En effet, l’assistance sexuelle relève d’une approche médicale passéiste du handicap.
L’assistance sexuelle suppose que les personnes handicapées constituent un groupe homogène avec une sexualité « spécifique » à laquelle elle serait la plus apte à répondre et associe à tort l’assistance sexuelle aux soins, dont elle serait une sorte de prolongement.
Elle offre une réponse stigmatisante vers laquelle toutes les personnes handicapées, y compris les non « bénéficiaires », seront systématiquement renvoyées et qui les enfermera dans une sexualité de seconde zone, marginale et étrange.
L’assistance sexuelle entretient des liens ambigus avec la prostitution.
Dans l’hypothèse d’un service payant, l’assistance sexuelle ne serait qu’une « spécialité » au sein de la prostitution, considérée comme valorisante car s’adressant à un public «indésirable», «intouchable», totalement rejeté sans cette solution.
Tout comme la prostitution, le système s’adresserait d’abord aux hommes handicapés qui feraient le même raisonnement que les clients de prostitués : leurs besoins sexuels sont irrépressibles et vitaux. Il doit exister un système pour les satisfaire.
L’assistance sexuelle serait dès lors un système misogyne et archaïque de marchandisation du corps supplémentaire, mais acceptable, qui demanderait à être reconnu légalement, à titre exceptionnel.
Dans l’hypothèse d’un service gratuit, ou rémunéré à titre symbolique, c’est-à dire, quasiment gratuit, il s’agirait d’un acte de bienfaisance réalisé par des volontaires qui seraient persuadés de faire une bonne action qui les grandirait.
Nous rejetons donc la solution simpliste et conformiste que constitue l’assistance sexuelle qui, selon nous :
–      S’inscrit à la fois dans la logique économique libérale qui présente le sexe comme un service commercial, dont elle nous propose d’être consommateurs, et dans une vision judéo-chrétienne qui appréhende la personne handicapée comme objet de charité.
–      Ne remet pas en cause le système de valeurs et les représentations en vigueur dans notre société.
–      Ne va ni dans le sens de l’émancipation et de l’autonomie des personnes handicapées, ni de leur libération sur un plan sexuel.
Nous revendiquons l’accès à une sexualité libre et non marchande, qui implique de la réciprocité dans le désir et un échange égalitaire qui ne peut exister ni dans le rapport marchand ni dans le rapport caritatif.
Nous exigeons que soient favorisés :
–      L’éducation sexuelle dès le plus jeune âge afin que les personnes handicapées puissent se percevoir comme des partenaires à part entière.
–      Le développement des solutions techniques existantes qui pourraient aider les personnes handicapées dans leur sexualité.
–      La déconstruction des préjugés liés aux genres, aux représentations du sexe et du handicap qui entravent la sexualité des personnes handicapées.

6/ L’inscription de notre combat dans l’ensemble des luttes d’émancipation

Nous pensons qu’au même titre que d’autres groupes sociaux minoritaires et/ou marginalisés, les personnes handicapées subissent une oppression systémique de la part des personnes valides qui se sont depuis longtemps arrogé le droit de décider à leur place de la façon dont elles devaient mener leur vie.
Nos limitations, notre état de dépendance, nos besoins spécifiques, qu’ils soient réels ou supposés, ont toujours servi de prétexte pour justifier l’ensemble des mesures prises dans le domaine du handicap, la plupart du temps sans nous et contre nous.
Jusqu’ici ces mesures ont maintenu la plupart d’entre nous en marge de la société, dans une situation d’assujettissement et de grande précarité.
Il nous apparaît donc impératif de nous fixer comme objectif de définir et dénoncer nous-mêmes l’oppression que nous subissons et de nous affranchir de tous les préjugés et contraintes sociales validistes qui nous entravent, et ce, d’où qu’ils proviennent : entourage familial, amis, proches ou associations gestionnaires.
Nous savons que les personnes valides, qu’elles soient familières ou non des situations de handicap, peuvent être des alliées, cependant nous ne les laisserons en aucun cas s’approprier notre parole et notre combat et elles ne prendront aucune part au processus décisionnel et organisationnel de ce collectif.

7/ L’inscription de notre combat dans une logique intersectionnelle

Notre lutte et nos réflexions sont intersectionnelles.
D’une part, nous avons parfaitement conscience que les personnes handicapées peuvent subir plusieurs formes de dominations et de discriminations à la fois.
D’autre part, nous sommes solidaires de toutes celles et ceux qui luttent contre d’autres motifs de rejet ou toute autre forme d’oppression et de discriminations.
Notre combat est par conséquent et nécessairement féministe, antiraciste, anticapitaliste, anti-impérialiste, anti-colonialiste et internationaliste.
Il est notamment incompatible avec le patriarcat, la xénophobie, le racisme, l’islamophobie et l’antisémitisme, la romophobie, l’homophobie, la lesbophobie ou la transphobie (liste non exhaustive).
Nous rejetons toute idéologie de hiérarchisation des populations et de stigmatisation d’où qu’elle provienne, qu’elle soit incarnée par l’extrême droite ou tout autre parti politique.
Nous soutenons les initiatives autonomes de convergence des luttes entre opprimés à condition qu’elles soient compatibles avec le présent manifeste.

8/ La dénonciation du rôle des associations gestionnaires

En France, dans le domaine du handicap, il existe un tissu associatif particulièrement dense qui va de la petite association dédiée à un type de handicap et/ou maladie en particulier, à des structures associatives de taille conséquente déployées sur tout le territoire.
Ces dernières, dites « associations gestionnaires », sont spécialisées par type de handicap et gèrent de nombreux services et établissements subventionnés par l’Etat (établissements spécialisés pour enfants et adultes, services d’aide par le travail, entreprises adaptées).
Les textes reconnaissent aux plus importantes d’entre elles un rôle de représentation des personnes handicapées qui les amènent, d’une part, à siéger dans toutes les instances nationales et locales consacrées au handicap, aux côtés des pouvoirs publics.
D’autre part, à être informées et consultées sur tous les projets de textes relatifs au handicap.
Depuis plus d’un demi siècle, l’Etat a délégué à ces associations, qui sont devenues de véritables institutions, les intérêts des personnes handicapées.
Or, après toutes ces années, les associations gestionnaires ont amplement démontré les limites de leurs actions, si ce n’est leur inefficience, et leur complaisance vis à vis du pouvoir.
En effet, en faisant le choix d’organiser et de structurer le système institutionnel et de faire de sa gestion leur principale activité, ces associations ont de fait participé à l’exclusion spatiale et sociale des personnes handicapées.
Au lieu de faire de notre émancipation et de la défense de nos droits une priorité et de jouer un véritable rôle de contrepouvoir, elles ont préféré devenir des partenaires de la puissance publique.
Au lieu de dénoncer l’incurie des politiques publiques en matière de handicap, elles ont choisi de réguler et de maintenir l’ordre social existant.
Leurs liens et leur dépendance financière vis à vis des pouvoirs publics sont devenus tels, qu’elles ne peuvent décemment prétendre remplir la mission de défense de droits dont elles se revendiquent.
De plus, la plupart de ces associations continuent à adopter dans leur campagnes de communication une approche terriblement surannée et validiste du handicap qui surfe sur les préjugés qui y sont attachés au lieu de les combattre.
De même, leurs actions sont encore axées autour d’une logique essentiellement caritative que nous dénonçons.
Enfin, ces associations qui sont historiquement pour la plupart des groupements de familles ou de proches de personnes handicapées, demeurent composées par un nombre important de personnes non directement concernées par le handicap.
Pourtant, elles captent la parole publique sur le handicap dans les médias comme auprès des instances publiques.
Nous entendons par conséquent dénoncer l’inertie coupable et les faux-semblants de ces associations gestionnaires qui prétendent nous représenter et défendre nos droits mais ne se soucient en réalité que de leurs propres intérêts de gestionnaires.
Contrairement à ce que prétendent ces associations pour désamorcer toute critique de leurs actions, notre discours n’a pas pour objet de diviser les personnes handicapées entre elles mais à l’inverse de les réunir autour de revendications à la hauteur de leur aspiration légitime à mener une vie autonome.
Nous affirmons qu’aucune avancée sérieuse et durable dans le domaine du handicap ne pourra se faire sans poser clairement la question du rôle, de la légitimité et de l’action des associations gestionnaires et sans l’organisation d’une lutte autonome vis à vis de ces dernières.

9/ Le caractère politique de notre lutte

Contrairement à ce que soutiennent depuis des années les associations gestionnaires, le handicap n’est pas un sujet « apolitique ».
La place réservée aux personnes handicapées s’inscrit inévitablement dans un projet de société.
En ce sens, il ne fait aucun doute que le système économique capitaliste qui exacerbe l’individualisme, valorise principalement la concurrence et le profit, creuse les inégalités et concentre les pouvoirs entre les mains d’une minorité, impacte de façon négative les politiques menées dans le domaine du handicap.
Les politiques d’austérité menées au nom de cette logique notamment en Europe, ont d’ailleurs confirmé qu’elles n’avaient que faire des droits des personnes handicapées et ont conduit à détériorer leurs conditions de vie, partout où elles ont été appliquées.
Notre combat est donc politique dans la mesure où nous savons qu’il est indissociable de celui qui vise à transformer en profondeur la société pour restaurer la justice sociale et l’égalité.
Pour autant nous ne sommes le jouet d’aucun parti politique en particulier, et ne sommes pas encartés.
Nous savons, par ailleurs, que parmi ceux qui devraient apparaître comme des alliés politiques naturels, beaucoup se désintéressent de notre condition quand ils ne font pas preuve d’une méconnaissance crasse de nos difficultés réelles.
Force est, en effet, de constater qu’aucune organisation politique, y compris à gauche, ne s’est montrée jusqu’ici capable de se départir d’une vision humanitaire, compassionnelle, voire caritative du handicap, pour l’envisager comme un sujet politique et social à part entière, et élaborer des propositions à la hauteur des enjeux en présence.
***
Comme toute chose en ce « bas monde » ce manifeste est imparfait et incomplet.
Il a sans aucun doute vocation à s’enrichir, dans le respect de ses principes fondateurs.
Il définit néanmoins les éléments de base autour desquels nous avons décidé de nous regrouper.
Le 12 avril 2016,
Elena Chamorro (Aix-en-Provence), Elisa Rojas (Paris), Lény Marques (Clermont-Ferrand), Mathilde Fuchs (Rennes)


Article France Info

Trop jeune, manipulée, payée... Nous avons passé au crible les critiques faites à Greta Thunberg

 

Deux tresses qui dégringolent sur ses épaules, un bonnet enfoncé sur la tête et une pancarte dans les mains. Greta Thunberg est désormais connue du grand public. En grève scolaire pour le climat, la jeune Suédoise d'à peine 16 ans s'est exprimée devant les dirigeants du monde entier lors de la COP24, à Katowice (Pologne) en décembre dernier, ou à Davos (Suisse) pour le Forum économique mondial en janvier. L'adolescente est devenue l'un des visages de la lutte contre le réchauffement climatique et doit venir s'exprimer, mardi 23 juillet, devant l'Assemblée nationale. Mais cette récente célébrité lui vaut de nombreuses attaques, y compris de la part de certains élus français. Franceinfo passe au crible les critiques qui lui sont adressées.

1Elle est trop jeune et devrait retourner à l'école

"La petite Greta, cette gamine de 16 ans devant laquelle il faut plier le genou." Invité de France Inter fin juin, le député Sébastien Chenu (Rassemblement national) n'a cessé de conspuer la jeunesse de l'activiste suédoise, "demoiselle" âgée de 16 ans.

Il est loin d'être le seul à le penser. "Les 'Minikeums' seront quant à eux reçus au Sénat. Et 'Flipper le dauphin' dira son attachement à la planète au Conseil constitutionnel"s'est moqué l'animateur Jérôme de Verdière en apprenant sa venue devant l'Hémicycle. "On peut se demander si c'est aux enfants de faire de la politique mais il y a une certitude, Greta Thunberg, pour changer le monde, il faut aller à l'école !", estime encore la députée Les Républicains Valérie Boyer sur Twitter.
Greta Thunberg l'entend volontiers. "Je suis trop jeune pour faire ça. Nous, les enfants, on ne devrait pas avoir à faire ça", se défendait-elle sur Facebook (en anglais) en février dernier, un message traduit par Reporterre. "Si tout le monde écoutait les scientifiques et entendait les faits que j'évoque constamment, personne n'aurait à m'écouter ou à écouter les centaines de milliers d'autres écoliers en grève pour le climat dans le monde. On pourrait tous retourner à l'école."
"C'est bien qu'elle soit jeune, pense au contraire le chercheur Daniel Boy, directeur de recherche au Cevipof, spécialisé dans les mouvements environnementaux. C'est symbolique, ça veut dire que le sujet intéresse les jeunes. Après tout, dans 10 ou 20 ans, les conséquences du réchauffement climatique les concerneront directement."

2Elle est manipulée par des lobbys verts

Pour Valérie Boyer, la jeune militante écologiste est également "sous emprise". Elle serait "instrumentalisée par les ayatollahs écolo-catastrophistes qui veulent imposer aux jeunes une réduction massive de leurs libertés", ajoute même le chirurgien Laurent Alexandre, figure de la tech en France. Les personnes qui gravitent autour de Greta Thunberg sont perçues pour beaucoup comme "inquiétantes" ou "manipulatrices".
Ne pensez-vous pas qu'une adolescente de 16 ans puisse parler d'elle-même ?Greta Thunbergsur Facebook
Et la jeune fille d'ajouter : "Beaucoup de gens aiment répandre des rumeurs disant que j'ai des gens 'derrière moi' ou que je suis 'payée' ou 'utilisée' pour faire ce que je fais. Mais il n'y a personne 'derrière' moi, sauf moi-même." 
Le nom qui revient le plus souvent est celui d'Ingmar Rentzhog. "Petit génie suédois des relations publiques", comme le qualifie l'ex-députée écologiste Isabelle Attard dans une tribune publiée sur Reporterre, il est le cofondateur de la start-up We Don't Have Time, réseau social consacré à la planète, et "le président du conseil du think tank Global Utmaning", lié à un programme du forum de Davos, précise Libération. Activités pour lesquelles il est accusé de "greenwashing", à savoir faire de l'écologie pour se donner une belle image.
Tout est parti d'une photo de Greta Thunberg postée par Ingmar Rentzhog au début de la grève scolaire de la jeune fille, en août dernier. Dans Reporterre, Isabelle Attard dénonce un coup de communication. "En fait, Ingmar Rentzhog et la famille de Greta se connaissent déjà et ont participé ensemble à une conférence sur le climat le 4 mai 2018. Tout a été finement programmé pour transformer la jeune Suédoise en héroïne internationale", accuse l'ancienne élue, pour qui Greta Thunberg a cédé au "capitalisme vert". Des faits que l'intéressée nie : "Il m'a parlé et a pris des photos, qu'il a affichées sur Facebook. C'était la première fois que je le rencontrais et que je lui parlais."

3Elle tient des discours apocalyptiques

"Elle est programmée pour des speechs apocalyptiques", attaque le magazine Causeur. "Non à la moraline et la terreur par la peur", ajoute le député Les Républicains Jean-Louis Thiériot. Il faut dire que dans ses discours, Greta Thunberg n'hésite pas à utiliser des mots brutaux pour faire prendre conscience de l'urgence de la situation. "Notre maison brûle", "je veux que vous paniquiez", reconnaît-elle dans son manifeste Rejoignez-nous, publié en avril en France.
Lorsque votre maison est en feu, vous ne vous asseyez pas et ne parlez pas de la façon dont vous pourrez la reconstruire une fois que vous aurez éteint le feu. Si votre maison est en feu, vous sortez en courant et vous vous assurez que tout le monde soit dehors pendant que vous appelez les pompiers. Cela exige un certain niveau de panique.Greta Thunbergsur Facebook
La peur est-elle la meilleure solution pour parler de climat ? Si certains s'interrogent sur la posture de Greta Thunberg, sa méthode ne choque pas les scientifiques que franceinfo a interrogés. C'est "difficile à entendre pour l'opinion publique, mais c'est une réalité, soutient Sandrine Maljean-Dubois, directrice de recherche à l'université d'Aix-Marseille. C'est bien qu'elle mette la pression. L'urgence est là. On n'a plus que quelques années pour changer les choses."
Déçue face aux attaques dont Greta Thunberg est la cible, Sandrine Maljean-Dubois n'est toutefois pas "étonnée""A l'origine, c'est des lobbies traditionnels, des gens conservateurs qui ne supportent pas les jeunes et que le discours sur l'effondrement dérange. Ils préféreraient glisser le problème sous le tapis." 

4Elle prend la place des experts du climat

Certains regrettent aussi de voir Greta Thunberg prendre la place, à la tribune et plus largement dans les médias, de scientifiques experts du réchauffement climatique. "Hervé Le Treut, Valérie Masson-Delmotte, Jean Jouzel et tant d'autres pour parler climat à l'Assemblée nationale ? Non, Greta Thunberg, adolescente en grève d'école. Agaçant", juge ainsi un utilisateur de Twitter.
Pour le climatologue Robert Vautard, le discours scientifique et le cri du cœur ne sont pas incompatibles. "Chacun est dans son rôle. Mademoiselle Thunberg ne parle pas pour les scientifiques – et je ne l'ai d'ailleurs jamais vu intervenir en ce sens – mais pour sa génération. Et elle appuie ses convictions sur des faits scientifiques. Ça me paraît normal", explique-t-il à franceinfo. Lors de son passage devant l'Assemblée nationale à Paris, Greta Thunberg sera d'ailleurs accompagnée de la climatologue Valérie Masson-Delmotte, vice-présidente du Giec et coordinatrice du rapport sur la limitation du réchauffement climatique à 1,5 °C.
Par ailleurs, la jeune militante n'a pas à rougir de ses connaissances sur le sujet. "Son discours est très construit, réfléchi. Je pense qu'elle travaille beaucoup et qu'elle a une capacité à intégrer assez impressionnante", estime Sandrine Maljean-Dubois. La chercheuse a déjà rencontré Greta Thunberg, lors de la COP24 en Pologne. "Elle sait trouver les mots qui permettent de concrétiser la menace. Ce discours scientifique jusqu'à présent trop abstrait, elle le personnifie", admire-t-elle.

5Elle n'agit pas en accord avec ses paroles

Autre critique régulière à propos de Greta Thunberg : la manière dont elle se déplace pour alerter le monde. Beaucoup la soupçonnent de prendre l'avion, alors même que ce moyen de transport est l'un des plus gros émetteurs de CO2. "Quand elle voyage, c'est à cheval et en bateau ?", s'interroge ainsi un utilisateur de Twitter.
La réponse à cette question a priori rhétorique n'est pourtant pas difficile à trouver. "Pour rejoindre Davos en janvier depuis la Suède, Greta Thunberg avait pris le train : 32 heures de voyage", assure Le Journal du dimanche. Quant à son voyage à New York, prévu en septembre à l'occasion du sommet pour le climat des Nations unies, elle affirme vouloir "essayer tous les moyens possibles" – comme le bateau – pour "s'y rendre sans emprunter l'avion", relaye L'Obs. Une journaliste de Libération qui l'a interviewée précise même que Greta Thunberg "n'a accepté la rencontre" qu'avec une "exigence : que l'on vienne en train".
"Tout le monde n'arrête pas de dire que le réchauffement climatique est une menace existentielle, que c'est le problème le plus important de notre époque, mais tout le monde continue d'agir comme avant, exposait-elle lors d'une conférence à Stockholm. Je ne comprends pas." 
Pour Sandrine Maljean-Dubois, son comportement est tout à fait cohérent avec ses idées. "Peu de personnes le sont. Je travaille sur le sujet depuis 25 ans, mais je ne l'ai pas toujours été", admet-elle. Si cette rigueur dérange certaines personnes, c'est parce que Greta Thunberg "représente la mauvaise conscience. Elle nous met face à nos propres contradictions et nos responsabilités".

6Elle gagne de l'argent grâce à son combat

"Papa et maman se sont rendu compte que lui faire arrêter l'école leur rapportait plus d'argent que de l'y laisser", avance une internaute. Comme elle, certains pensent que le combat de l'adolescente n'est qu'un moyen de faire de la publicité à la famille Thunberg. Parents et enfants ont publié, l'été dernier, un livre sur la transition écologique du foyer et ce, "quelques jours à peine avant le début de la grève de Greta", rappelle Le Monde"Une photo de la jeune fille devant le Parlement suédois figure même en couverture de l'édition de poche, publiée en décembre 2018." Sauf que, comme le souligne le quotidien, "en août, personne n'aurait pu anticiper la médiatisation et l'impact de son action". 
"Je fais ce que je fais complètement gratuitement, je n'ai reçu aucune somme d'argent ni aucune promesse de paiements futurs, sous quelque forme que ce soit. Et personne lié à moi ou à ma famille ne l'a fait non plus", défend fermement Greta Thunberg sur Facebook. Elle précise que les bénéfices du livre "iront à huit associations caritatives différentes travaillant dans les domaines de l'environnement, du soutien aux enfants malades et de défense des droits des animaux".
Une information confirmée à franceinfo par le président de la maison d'édition Kero, qui a déjà publié le manifeste de Greta Thunberg en français et s'apprête à traduire le livre familial. "C'est une demande qui vient d'elle depuis le tout début de la proposition d'édition de son manifeste. Il en sera de même pour le livre sur sa famille que nous publierons à la fin de cette année", souligne Philippe Robinet.

7Ses proches utilisent son autisme

Greta Thunberg "affiche son Asperger comme un titre de noblesse", critique l'écrivain Pascal Bruckner dans Le Figaro. "En révélant qu'elle est atteinte d'un autisme Asperger, ses parents en ont fait un bouclier humain inattaquable", ajoute l'entrepreneur Laurent Alexandre dans L'Express. D'après ce dernier, "elle aurait besoin d'un stress minimum" et devrait être retirée des projecteurs.
Greta Thunberg, elle, n'est pas de cet avis. Sur Facebook, elle explique que c'est justement ce trouble neurodéveloppemental, un "super-pouvoir", qui l'a poussée à s'engager. "Si j'avais été 'normale' et sociable, j'aurais intégré une association, ou j'en aurais fondé une moi-même. Mais comme je ne suis pas très sociable, j'ai fait la grève de l'école à la place." 

"Elle est à l'évidence très intelligente. Elle sait ce qu'elle fait, défend Danièle Langloys, présidente de l'association Autisme France. Ce n'est pas une petite chose qu'il faut protéger !" Si la militante conçoit que l'autisme de Greta Thunberg peut être source d'un stress plus important, elle affirme : "Cette jeune femme l'assume, c'est un choix personnel qu'elle fait, comme toute autre personne peut le faire."
La "différence" de Greta Thunberg peut même être à l'origine de sa force, d'après Danièle Langloys. "C'est une caractéristique de certaines personnes autistes, d'avoir un idéal très élevé de justice ou d'engagement. Elles ont cette rigueur, elles ne dérogent pas à leurs principes." Et la présidente de l'association estime que personne n'a de leçon à lui faire : "Elle saura bien quelles suites donner ou non à son action. Le reste n'est que commentaire stupide. Les personnes qui ne connaissent rien à l'autisme n'ont qu'à se taire."


Nuit debout Saint-Nazaire dans tout ça.

 Nos élites pensantes d'une certaine idée de la gauche se sont très vite rangées du côté de la meute en relayant une vidéo assez abjecte de Tatiana Ventôse, vidéo aux allures complotiste (source)
J'ai eu le malheur de  préciser le côté complotiste de la vidéo sur la page Facebook de nuit debout, leur expliquant que considérer Greta comme manipulée était un vision Neurotypique et validiste de son autisme impliquant d’ignorer ce qu'elle est, son discours et ce qui justifie son discours de son point de vue. Aussi, en se plaçant uniquement dans un point de vue validiste, le n'importe quoi l'emporte pour casser du Greta. En ce sens je souhaitait alerter des dangers d'une telle vision qui ressemblait plus à une dialectique de combattant de salon que de personnes se disant ouvertes d'esprit.
D'autre part je rattachais cette attitude à ce que j'avais déjà constaté de fermeture et de sectarisme à d'autres moments sur la conception de la lutte. Ces beaux penseurs se mettant sur un piédestal, un lieu en l’occurrence où  le pauvre hère en recherche de savoir et de combat doit venir trouver le lumière. Surtout ne pas aller là où la parole peut-être différente. C’est une attitude constante d'une partie de cette mouvance. On débat entre-soi, surs de notre raison, l'autogestion ne doit être que pour ergoter d'une virgule, vouloir l'autogestion populaire structurée, les gens ne sont pas près voyons.
Bref, tel était mon propos, propos vif certes, mais non insultant ou injuriant, mais sur le fond.
Que n'ai-je pris sur mon autisme, des insultes, des vraies répréhensibles selon la loi "a peine d'amende est alors de 12000 Euros maximum. Si l'injure publique est à caractère raciste ou si elle vise une personne à raison de sa religion, de son sexe, de son orientation sexuelle ou de son handicap, alors l'amende monte jusqu'à 22500 Euros et une peine de prison de 6 mois peut être prononcée par le juge." ceci de la part de Mr Régis Avril, Le gestionnaire de la page se contentant d'un "pauvre pomme". Il a fallu que je fasse un rappel à la loi pour que les insultes soient gommées et que je prépare une déposition sur Pharos (parquet de Paris responsable des délits informatiques), mais et cela est une évidence chez ces gens là pour que mes remarques soient tout autant effacées.
Bref des gens dit de gôche qui se comportent comme des racistes de premier rang.


vendredi 26 juillet 2019

Greta Thunberg et Saint-Nazaire

En ces temps de canicule et de dérèglement climatique, une petite voix s'est fait entendre pour une prise de conscience de la jeunesse. C'est Greta Thunberg.

Attaquée de toutes parts sur son physique, son trouble du spectre autistique, accusée d'être manipulée, j'en passe et des meilleures, les petites mains se relaient à la plume ou à la vidéo pour la décrédibiliser.

A priori quand on a rien à dire sur un sujet, ou que l'argumentation est plus que défaillante autant abuser de critiques ad hominem. 

Que ces critiques viennent de la bourgeoisie, du capital et de l'extrême droite, rien d'anormal sous le soleil, mais quand les critiques viennent de gens se prétendant de gauche, il faut dresser l'oreille.

De surcroit, si c'est de gauche, les parements d'une illusoire vertu, écornée depuis longtemps, sont des attributs qui doivent, aux yeux de leurs détenteurs être le signe indéfectible d'une probité intellectuelle sans faille.

A y regarder de plus près l'affliction dépasse la réalité.

Tout l'arsenal du complotiste y passe, la maman, son milieu social, un livre, son trouble autistique, ses mimiques, tout et on ira même lui reprocher le vote du CETA.

Rien, rien sur son discours, rien sur la peu d'une jeunesse qui n'a pas le "no future" comme devise mais qui le prend en pleine gueule comme un mur mortifère qui avance. 

Et que fait notre "gauche bien pensante", elle appuie sur l'accélérateur avec un verbiage rétrograde et insultant par jalousie de n’avoir pas conscientisé la jeunesse, comme dépassée de n'être pas propriétaire de cette parole.

Pourquoi rattacher Greta à Saint-Nazaire ?

Saint-Nazaire est un bon exemple de cette flemmardise intellectuelle qui vise à conceptualiser avec les ornières d'un monde à l'agonie, avec cette dualité qu'elle n'arrive pas à surmonter faire autre chose en faisant pareil, c'est à dire proposer et vouloir faire autre chose en se basant sur les schémas sociétaux préexistants. 

D'autre part en faisant de la critique de ce qui existe l'axe central de la réflexion.

Ainsi sur les expériences vécues ici, j'ai pu constater une pensée axiomatique, à mon avis dangereuse car purement sectaire, consistant, sans aucune analyse, à donner satisfecit  aux militants "purs" et aux loyaux défenseurs d'une pensée passéiste hermétique et fermée.

Ainsi tout ce qui peut être novateur en terme de proposition sociétale et surtout en terme de pure démocratie directe et de parole est alors voué aux gémonies.

Ainsi sur Greta Thunberg, rien sur son discours mais des attaques ad hominem sans éléments probants. Juste des supputations et rein sur le discours. 

ah, si, j'oubliai, elle n'aurait pas dû venir le jour du vote du CETA, c'est un crime de lèse-gauche à bons points.

A-t-elle pris part au vote ?

Doit-elle être partie prenante de ce vote ?

C'est n'importe quoi, mais bien à l'image d'une défaillance complète d'une gauche finissante faute d'être de progrès et faute d'accepter une véritable remise en cause.

Quand j'entends lors d'une prise de parole à la manif contre l'antisémitisme un discours disant que l'antisémitisme est toujours d'extrême droite, je suis abasourdi devant tout ce que j'ai déjà venant de gens de la gauche Nazairienne PCF ou NPA par exemple, le plus récemment début juillet. Nier cette réalité comme les autres est un bagage trop lourd pour une transformation complète de la société.

Dans quelques mois vont avoir lieu les municipales, chacun y va de son couplet sur le climat.

A ce jour aucune visite de nos Dupont/d/s dans les quartiers, à ce jour pas d'écoute de la population, c'est d'ailleurs symptomatiques de nos impétrants, dire ce que les autres pensent sans les écouter le moindre instant et encore pis, sans leur laisser la parole pour en décider eux-mêmes, au cas où ils ne penseraient pas comme nous.

De nuit debout aux gilets jaunes en passant par le front social, il y a eu un dénominateur commun, ne pas être à l'écoute en venant voler la parole en essayer de l'enfermer dans des lieux choisis.

La parole est volatile, le choix des lieux et du langage est forcément clivant, faire venir, ceux que l'on est sensé écouter chez soi est un tour de passe passe qui oblige l'autre.

Aller l'écouter et lui permettre une autogestion de la parole, du langage avec cette appropriation des lieux est bien différent mais si risqué à nos élites, qui, d'un intellectualisme de bas étage, en sortiront peut-être un jour un livre de réflexion superfétatoire, mais pour eux pas de complot à la Greta.

Saint-Nazaire c'est la catastrophe climatique qui débute dans 15 ans au pire dans 30 ans au mieux.

Saint-Nazaire ce sont des solutions à trouver dès maintenant, soit en considérant qu'il faut bien commencer un jour et dans un lieu, soit en attendant ce qui ne vient pas.

Quid de la circulation ? On l'interdit ou pas en ville ?

Quid des transports en commun ? Gratuité ? c’est insuffisant alors comment ?

Quid de l'énergie ? EDF ou autonomie à terme en régie municipale (marémotrice, solaire, éolien, biomasse) en autogestion par les habitants.

Quid des services publics ? Par quartier en autogestion ? Des nouveaux services publics ?

Quid des écoles et des temps péri-scolaires ?

Qui décide pour tout ?

Qu'est-ce que la participation citoyenne ?

Faut-il de nouveaux services par quartiers, rues, ilots ?

Quelle alimentation ?

Circuits courts mais peut-on aussi faire avec les jardins existants par quartiers, rues, ilots ?

Plus on accumule les questions, plus on se rend compte qu'une réflexion centralisée biaise par méconnaissance de la vie de l'autre.

Beaucoup à gauche parlent avec de grandes envolées lyriques du racisme, des migrants sans voir par exemple la racialisation de l'espace de leur ville. 

A Saint-Nazaire c'est flagrant.

L'espace centre est en cours de gentrification, les quartiers sont chacun marqués par la bonne grâce de Silene.

Ce qui me frappe avec les gilets jaunes, comme cela m'avait frappé avec nuit debout (mais les grands esprits pensant se reconnaitront en déclamant doctement qu'eux au moins ils agissent (très petitement avec beaucoup de narcissisme)) c'est ce confinement de l'espace. Au moins entre nous c'est sous contrôle. 

Quelle différence avec nos élus ? 

C’est en ce sens que l'on est face à un paradigme identique à celui préexistant. 

Quand à l'issue de l'AG nationale de Saint-Nazaire remontent la question d'un double vote ou de la difficulté des femmes à s'exprimer, c'est qu'il y a un problème, quand les "grands pontes" sont plus que majoritairement des hommes c'est que le problème est bien plus vaste et que même là une oligarchie se met en place.

Ce que je veux mettre en lumière c'est qu'il est impossible de faire du neuf en calquant ce qui est en bout de course.

La vie d'un individu est courte à l'échelle du temps universel.

Notre planète est notre seul lieu de vie.

De notre arrivée à notre départ nous espérons tous que tout se passe pour le mieux.

L'histoire de l'humanité a prouvé que solidairement dans les situations difficiles l'homme s'en est tiré.

Aujourd'hui, une minorité d'individus pense pouvoir s'en sortir avec des valeurs individualistes en comptant sur l'argent et ce que l'argent peut acheter de technologie.

L'accumulation de richesses aux mains de quelques uns n'est pas une solution.

Ceci étant dit je n'ai nullement résolu l'équation.

Vouloir faire comme si on détenait la solution du haut d'un piédestal illusoire en attendant que vienne le peuple boire nos paroles risque de tourner à la farce grotesque.

Chacun pour soi ou tous ensemble ?

Casser ou construire un nouveau pour que l'ancien s’effondre de lui même ?

Et c’est bien en bas qu'il faut commencer sans attendre un grand soir bien hypothétique.

Pour finir, il vaut mieux une Greta Thunberg qui pousse à cette réflexion dans tous les lieux que quelques vieux militants aigris qui ressassent sans fin la même rengaine.

Et à ceux qui m'objectent ne pas me voir, ils ne sont tout simplement pas aux bons endroits.